Que Dieu me pardonne et me guide pour tout ce que j’aurais pu mal interpréter dans cette étude et ailleurs. Qu’Il puisse nous guider vers une meilleure compréhension de Sa révélation afin que nous puissions nous purifier et accroître notre savoir.

Onction et sacre de Salomon par Tsadok le prêtre à la source de Guihon
La signification correcte du mot « jasadan » en 38:34 — et les versets suivants liés à Salomon et à l’épreuve qui constituait une menace pour son trône — est un débat classique en Islam, sur lequel les sunnites et les chiites, qui se basent sur les hadiths et traditions, restent divisés.
Nous allons montrer une nouvelle fois à quel point le recours automatique et exclusif aux hadiths et traditions peut constituer un obstacle pour comprendre le Coran correctement. Nous verrons dans ce cas précis à quel point les sunnites tendent à favoriser des thèses non justifiées, alors que la signification correcte du verset 38:34 est pourtant limpide d’un point de vue biblique (nous verrons également en conclusion à quel point il est profondément significatif dans l’Ancien Testament), sachant que l’un des rôles majeurs du Coran selon 10:37 est de « confirmer » al-Kitāb (la Bible). Tout d’abord, lisons le verset 38:34 et son contexte immédiat pour mieux le situer :
Sommaire
1. Les versets 38:31-35
2. L’interprétation traditionnelle Sunnite
2.1 Un djinn / un démon nommé « Sakhr » est placé sur le trône (principalement, le récit du démon)
2.1.1 Source classique : Le Tafsîr d’al-Tabarî
2.1.2 Source classique : Le Tafsîr d’Ibn Kathîr : un djinn apparaissant comme un « corps »
2.1. 3 Interprétation linguistique : « un corps », « une forme », « un être sans vie »
2.1.4 Al-Baïdâwî : une forme/entité est posée sur le trône en tant qu’épreuve
3. Les sens coraniques corrects du mot « jasadan » et son contexte Biblique
3.1 Les différents sens du mot « jasad » (جَسَد) dans le Coran
3.2 Le contexte biblique de 38:34
Conclusion
1. Les versets 38:31-35
إِذْ عُرِضَ عَلَيْهِ بِٱلْعَشِىِّ ٱلصَّٰفِنَٰتُ ٱلْجِيَادُ
(38:31) Quand il (Salomon) lui fut présenté pendant [la deuxième partie de] l’après-midi (بِالْعَشِيِّ) des chevaux de race bien dressés,
فَقَالَ إِنِّىٓ أَحْبَبْتُ حُبَّ ٱلْخَيْرِ عَن ذِكْرِ رَبِّى حَتَّىٰ تَوَارَتْ بِٱلْحِجَابِ
(38:32) Il s’écria alors: « En vérité, j’ai placé l’amour des biens (de ce monde) au-dessus du rappel (Zikr, à savoir ici la ṣalāt, voir 11:114, 20:14) de mon Seigneur, jusqu’à ce qu’il (le soleil) fût couvert par le voile (de la nuit). »
رُدُّوهَا عَلَىَّ فَطَفِقَ مَسْحًۢا بِٱلسُّوقِ وَٱلْأَعْنَاقِ
(38:33) Ramenez-les-moi ! Il se mit alors à caresser leurs jambes et leurs encolures.
وَلَقَدْ فَتَنَّا سُلَيْمَٰنَ وَأَلْقَيْنَا عَلَىٰ كُرْسِيِّهِۦ جَسَدًا ثُمَّ أَنَابَ
(38:34) En conséquence, nous mîmes certes Salomon à l’épreuve et plaçâmes un jasadan (terme à définir) sur son trône, suite à quoi il se repentit.
قَالَ رَبِّ ٱغْفِرْ لِى وَهَبْ لِى مُلْكًا لَّا يَنۢبَغِى لِأَحَدٍ مِّنۢ بَعْدِىٓ إِنَّكَ أَنتَ ٱلْوَهَّابُ
(38:35) Il s’écria : Mon Seigneur, pardonne-moi et accorde-moi un royaume que nul après moi n’égalera. En vérité, Tu es l’Exauceur [Suprême].
Nous découvrons que Salomon avait raté la prière de « l’après-midi » (la deuxième partie de l’après-midi, « al-ʿashiyy », est mentionnée en 38:31) car il s’était laissé distraire par ses chevaux du « rappel » de Dieu = (« le rappel de mon Seigneur », ذِكْرِ رَبِّى). « Le rappel de Dieu » est souvent employé comme synonyme de la « ṣalāt » dans le Coran (voir par exemple 5:91, 20:14, 24:37, 29:45, 62:9-10, 87:15, etc…). Le soleil se coucha, et Salomon et ses chevaux furent ainsi « couverts par le voile » (hijab), c’est-à-dire le voile de la nuit après le coucher du soleil.
Dieu contrôle toute chose, et en guise d’avertissement car Salomon avait placé les biens de ce monde au-dessus de la prière rituelle obligatoire en Islam, Allah le soumit à une épreuve sévère en plaçant temporairement un « jasadan » (terme clef à définir) sur son trône, le trône que son père, le roi David, lui avait pourtant promis.
2. L’interprétation traditionnelle Sunnite
Dans la majorité des cas, les exégètes sunnites se réfèrent aux paroles des hommes, c’est-à-dire aux hadiths (paroles) autres qu’Allah et Ses versets (lesquels sont explicitement et nommément condamnés en 45:6) pour expliquer le Coran alors qu’il est pourtant « clair » (12:1, 26:2, 27:1, 28:2, 36:69, etc…) et « pleinement détaillé » (6:114, 7:52, 10:37, 16:89, 41:3, 41:44, etc…). Dans ce cas précis, il est de fait qu’aucun hadith n’explique le sens du mot « jasadan » en 38:34, et les sunnites se réfèrent donc principalement aux tafsirs (explication ou exégèse du Coran), certains étant légèrement antérieurs aux recueils de hadiths les plus reconnus — le plus ancien tafsir complet disponible est celui de Muqatil ibn Sulayman, daté du milieu du 8ème siècle et qui prédate les recueils de hadiths de Bukhari d’environ un siècle — et donc considérés comme crédibles par les exégètes sunnites.
Nous citons ci-dessous des résumés ou extraits de certains tafsirs de 38:34 parmi les plus reconnus et les plus cités et qui influencent l’interprétation traditionnelle sunnite :
2.1 Un djinn / un démon nommé « Sakhr » est placé sur le trône (principalement, le récit du démon)
2.1.1 Source classique : Le Tafsîr d’al-Tabarî
Al-Tabarî rapporte des récits selon lesquels un djinn nommé Sakhr (ou autres variantes de nom) a pris la place de Salomon sur son trône, apparaissant comme un « corps » (jasad) afin de l’éprouver.
Exemples tirés du commentaire (Tafsir) d’Al-Tabari au sujet de 38:34 :
« Allah le Très-Haut dit : « Et Nous avons certes éprouvé Sulayman (Salomon) », c’est-à-dire : Nous l’avons mis à l’épreuve. « et Nous avons placé sur son siège un corps », c’est-à-dire : un démon (chaytan) qui s’était manifesté sous une forme humaine. Les commentateurs ont mentionné que son nom était Sakhr. D’autres ont dit que son nom était Asaf. D’autres encore ont dit que son nom était Asir, et certains ont dit qu’il s’appelait Habqeeq. »
« Les exégètes (ahl al-ta’wil) ont dit des choses similaires à ce que nous avons mentionné ci-dessus concernant l’interprétation de ces versets. Par exemple :
Rapporté par Ali (via Abu Salih, Muawiyah, Ali) d’après Ibn Abbas concernant le verset : « Et Nous avons placé sur son siège un corps » : Ibn Abbas a dit : C’est Sakhr le djinn, qui s’est manifesté sous forme de corps (humain) sur son trône. Ibn Abbas a (encore) dit : Le corps était le démon auquel Salomon avait confié son anneau, que le démon jeta ensuite dans la mer. Le royaume de Salomon résidait dans son anneau. Le nom du djinn était Sakhr.
2.1.2 Source classique : Le Tafsîr d’Ibn Kathîr : un djinn apparaissant comme un « corps »
Ibn Kathîr reprend les récits rapportés par les anciens (Ibn ‘Abbâs, Qatâda, etc.) :
– Un djinn apparaît sous forme de corps et est placé sur le trône durant l’épreuve de Salomon.
– Salomon perd temporairement son pouvoir jusqu’à son repentir.
Exemples tirés du commentaire (Tafsir) d’Ibn Kathir au sujet de 38:34 :
« Allah le Très-Haut a dit : « Et Nous avons certes éprouvé Suleyman », c’est-à-dire : Nous l’avons mis à l’épreuve en lui retirant son royaume une fois, « et Nous avons placé sur son siège un corps ». Ibn Abbas, Mujahid, Saeed ibn Jubayr, Al-Hasan, Qatadah et d’autres ont dit : Il s’agit d’un démon (chaytan). « Puis il se repentit », c’est-à-dire : il retourna à son royaume, son autorité et sa splendeur. »
« Ibn Jarir a dit : Le nom de ce démon était Sakhr. C’est ce qu’ont affirmé Ibn Abbas et Qatadah. On a dit aussi : Asaf, selon Mujahid. Et on a dit : Asir, également selon Mujahid. Et on a dit : Habqeeq, selon As-Suddi. Ils ont mentionné cette histoire de manière détaillée et concise. »
2.1. 3 Interprétation linguistique : « un corps », « une forme », « un être sans vie »
Certains exégètes et traductions modernes (par exemple Abul A’la Maududi et certaines traductions telles que Sahih International, Pickthall, Yusuf Ali évitent les récits plus légendaires : « Jasadan » est, plus simplement, un corps, une forme, une image ou un être dépourvu de vie, placé comme épreuve sur le trône.
2.1.4 Al-Baïdâwî : une forme/entité est posée sur le trône en tant qu’épreuve
Baïdâwî résume que Jasadan est une forme, un être, peut-être un démon se présentant comme corps. Le texte coranique reste volontairement concis et se focalise sur l’épreuve.
En résumé, les exégètes sunnites classiques et modernes donnent donc principalement deux interprétations du terme jasadan en 38:34 :
– Une interprétation narrative basée sur les anciens tafsirs : un djinn ou démon (souvent nommé « Sakhr ») s’est tenu sur le trône de Salomon en tant que « corps » (al-Tabarî, Ibn Kathîr, etc…). Les interprétations issues des tafsirs classiques sont extrêmement nombreuses et variées et semblent souvent très légendaires. Nous nous concentrons ici sur l’essentiel retenu par les principaux exégètes sunnites.
– Une interprétation plus linguistique : un corps, une forme, un être sans vie fut placé sur le trône de Salomon pour l’éprouver (Baïdâwî, Jalālayn, Rāzî, et traductions modernes).
3. Les sens coraniques corrects du mot « jasadan » et son contexte Biblique
Le verset 10:37 est l’un des versets qui nous enseigne que le Coran « confirme » la Bible :
وَمَا كَانَ هَٰذَا ٱلْقُرْءَانُ أَن يُفْتَرَىٰ مِن دُونِ ٱللَّهِ وَلَٰكِن تَصْدِيقَ
ٱلَّذِى بَيْنَ يَدَيْهِ وَتَفْصِيلَ ٱلْكِتَٰبِ لَا رَيْبَ فِيهِ مِن رَّبِّ ٱلْعَٰلَمِينَ
(10:37) Ce Coran n’a en aucun cas pu être conçu par autre que Dieu. Bien au contraire, il confirme ce qui [a été révélé] avant lui, et il est une explication détaillée du livre (al-Kitāb); il ne comporte aucun doute, et il émane du Seigneur de l’univers.
Il y a trois moyens principaux de comprendre le Coran :
1. En premier lieu, il faut étudier le Coran et rapprocher les versets et les mots qui traitent d’un même sujet.
2. Deuxièmement, et tel que l’illustre le verset ci-dessus, il faut étudier en profondeur la Bible car l’un des rôles majeurs du Coran est de « confirmer » le message Biblique.
3. Finalement, les miracles scientifiques du Coran nous éclairent au fur et à mesure de l’avancement de la science du sens correct des nombreux versets traitant de miracles scientifiques du fait qu’il est toujours en avance sur notre temps.
Dans le cas présent, ce sont le premier et le deuxième point qui vont nous permettre d’élucider le sens du mot « jasadan » en 38:34.
3.1 Les différents sens du mot « jasad » (جَسَد) dans le Coran
En plus de 38:34, il y a trois versets supplémentaires qui mentionnent le mot « jasad » :
وَٱتَّخَذَ قَوْمُ مُوسَىٰ مِنۢ بَعْدِهِۦ مِنْ حُلِيِّهِمْ عِجْلًا جَسَدًا لَّهُۥ خُوَارٌ
أَلَمْ يَرَوْا۟ أَنَّهُۥ لَا يُكَلِّمُهُمْ وَلَا يَهْدِيهِمْ سَبِيلًا ٱتَّخَذُوهُ وَكَانُوا۟ ظَٰلِمِينَ
(7:148) Et en l’absence de Moïse, son peuple se fabriqua avec leurs ornements un veau, un jasadan (une effigie à son image ou statue) qui mugissait d’un son sourd. Ne voyaient-ils donc pas qu’il ne leur parlait point ni ne les guidait vers aucun chemin ? Ils l’adoptèrent (comme dieu), car ils étaient injustes.
فَأَخْرَجَ لَهُمْ عِجْلًا جَسَدًا لَّهُۥ خُوَارٌ فَقَالُوا۟ هَٰذَآ إِلَٰهُكُمْ وَإِلَٰهُ مُوسَىٰ فَنَسِىَ
(20:88) Alors il (al-Sāmirī, c.a.d. le Samaritain) leur présenta un veau, un jasadan (une effigie à son image ou statue) qui mugissait d’un son sourd. Et ils dirent : « Voilà votre dieu, et le dieu de Moïse ! ». Il l’a simplement oublié.
وَمَا جَعَلْنَٰهُمْ جَسَدًا لَّا يَأْكُلُونَ ٱلطَّعَامَ وَمَا كَانُوا۟ خَٰلِدِينَ
(21:8) Et Nous n’avons pas fait d’eux (les prophètes) [des] jasadan (corps, c.a.d. le corps des prophètes) ne consommant point de nourriture ; et ils n’étaient point immortels.
Le mot « jasadan » (جَسَدًا) n’apparaît donc que quatre fois en tout dans l’intégralité du Coran (7:148, 20:88, 21:8 et 38:34).
En définitive, il désigne dans les trois versets ci-dessus soit une « statue », par définition inerte (le veau d’or : 7:148, 20:88), soit « un corps humain vivant » (les prophètes : 21:8).
Surtout, et contrairement à l’interprétation prévalente dans le sunnisme, le terme ne désigne donc jamais un djinn ou un démon dans le Livre d’Allah, ce que nous sommes sur le point de démontrer de façon concluante en ce qui concerne le verset 38:34 :

Onction et sacre d’Adonijah comme roi d’Israël par Abiathar le grand prêtre.
3.2 Le contexte biblique de 38:34
Adonijah tente d’usurper le trône de Salomon. Salomon est finalement élevé sur le trône.
1 ROIS 1 : 1 Or le Roi David devint vieux, et avancé en âge ; et quoiqu’on le couvrît de vêtements, il ne pouvait pourtant point se réchauffer. 2 Et ses serviteurs lui dirent : Qu’on cherche au Roi notre seigneur une jeune fille vierge, qui se tienne devant le Roi, et qui en ait soin, et qu’elle dorme en son sein, afin que le Roi notre Seigneur se réchauffe. 3 On chercha donc dans toutes les contrées d’Israël une fille qui fût belle ; et on trouva Abisag Sunamite, qu’on amena au Roi. 4 Et cette jeune fille était fort belle, et elle avait soin du Roi, et le servait ; mais le Roi ne la connut point. 5 Alors Adonijah fils de Haggith s’éleva, en disant : Je régnerai. Il s’établit des chariots, des gens de cheval, et cinquante hommes qui couraient devant lui. 6 Or son père ne voulait point le chagriner de son temps, et lui dire : Pourquoi agis-tu ainsi ? Il était aussi de fort belle taille, et sa mère l’avait enfanté après Absalom. 7 Et il communiqua ses affaires à Joab, fils de Tséruja, et au Sacrificateur Abiathar, qui l’aidèrent, et furent de son parti. 8 Mais le Sacrificateur Tsadok, et Bénaja fils de Jéhojadah, et Nathan le Prophète, et Simhi, et Réhi, et les vaillants hommes de David n’étaient point du parti d’Adonijah. 9 Or Adonijah fit tuer des brebis et des boeufs et des bêtes grasses près de la pierre de Zohéleth, qui était auprès de la fontaine de Roguel ; et il convia tous ses frères les fils du Roi, et tous ceux de Juda qui étaient au service du Roi ; 10 Mais il ne convia point Nathan le Prophète, ni Bénaja, ni les vaillants hommes, ni Salomon son frère. 11 Alors Nathan parla à Bethsabée, mère de Salomon, en disant : N’as-tu pas entendu qu’Adonijah fils de Hagguith a été fait Roi ? et David notre Seigneur n’en sait rien. 12 Maintenant donc viens, et que je te donne un conseil, je te prie, et sauve ta vie, et la vie de ton fils Salomon. 13 Va, et te présente au Roi David, et lui dis : Mon Seigneur, n’as-tu pas juré à ta servante, en disant : Certainement ton fils Salomon régnera après moi, et sera assis sur mon trône ? pourquoi donc Adonijah a-t-il été fait Roi ? 14 Et voici, lorsque tu seras encore là, et que tu parleras avec le Roi, je viendrai après toi, et je continuerai le discours que tu auras commencé. 15 Bethsabée donc vint vers le Roi dans sa chambre ; or le Roi était fort vieux, et Abisag Sunamite le servait. 16 Et Bethsabée s’inclina et se prosterna devant le Roi ; et le Roi lui dit : Qu’as-tu ? 17 Et elle lui répondit : Mon Seigneur, tu as juré par l’Eternel ton Dieu à ta servante, et tu lui as dit : Certainement ton fils Salomon régnera après moi, et sera assis sur mon trône. 18 Mais maintenant voici, Adonijah a été fait Roi, et tu n’en sais rien, ô Roi, mon Seigneur ! 19 Il a même fait tuer des bœufs, des bêtes grasses, et des brebis en grand nombre, et a convié tous les fils du Roi, avec Abiathar le Sacrificateur, et Joab Chef de l’Armée, mais il n’a point convié ton serviteur Salomon. 20 Or quant à toi, ô Roi mon Seigneur ! les yeux de tout Israël sont sur toi, afin que tu leur déclares qui doit être assis sur le trône du Roi mon Seigneur après lui. 21 Autrement il arrivera qu’aussitôt que le Roi mon Seigneur sera endormi avec ses pères, nous serons traités comme coupables, moi, et mon fils Salomon. 22 Et comme elle parlait encore avec le Roi, voici venir Nathan le Prophète. 23 Et on le fit savoir au Roi en disant : Voici Nathan le Prophète ; et il se présenta devant le Roi, et se prosterna devant lui sur son visage en terre. 24 Et Nathan dit : Ô Roi mon Seigneur ! as-tu dit : Adonijah régnera après moi, et sera assis sur mon trône ? 25 Car il est descendu aujourd’hui, et il a fait tuer des bœufs, des bêtes grasses, et des brebis en grand nombre, et a convié tous les fils du Roi, et les Chefs de l’armée, et le Sacrificateur Abiathar ; et voilà ils mangent et boivent devant lui ; et ils ont dit : Vive le Roi Adonijah. 26 Mais il n’a convié ni moi ton serviteur, ni le Sacrificateur Tsadok, ni Bénaja, fils de Jéhojadah, ni Salomon ton serviteur. 27 Ceci aurait-il été fait de par le Roi mon Seigneur, sans que tu eusses fait savoir à ton serviteur qui est celui qui doit être assis sur le trône du Roi mon Seigneur après lui ? 28 Et le Roi David répondit, et dit : Appelez-moi Bethsabée ; et elle se présenta devant le Roi, et se tint devant lui. 29 Alors le Roi jura et dit : L’Eternel qui m’a délivré de toute angoisse, est vivant ; 30 Que comme je t’ai juré par l’Eternel le Dieu d’Israël, en disant : Certainement ton fils Salomon régnera après moi, et sera assis sur mon trône en ma place ; je le ferai ainsi aujourd’hui. 31 Alors Bethsabée s’inclina le visage contre terre, et se prosterna devant le Roi, et dit : Que le Roi David mon Seigneur vive éternellement ! 32 Et le Roi David dit : Appelez-moi Tsadok le Sacrificateur, et Nathan le Prophète, et Bénaja fils de Jéhojadah ; et ils se présentèrent devant le Roi. 33 Et le Roi leur dit : Prenez avec vous les serviteurs de votre Seigneur, et faites monter mon fils Salomon sur ma mule, et faites-le descendre vers Guihon. 34 Et que Tsadok le Sacrificateur, et Nathan le Prophète, l’oignent en ce lieu-là pour Roi sur Israël, puis vous sonnerez de la trompette, et vous direz : Vive le Roi Salomon. 35 Et vous monterez après lui, et il viendra, et s’assiéra sur mon trône, et il régnera en ma place ; car j’ai ordonné qu’il soit Conducteur d’Israël et de Juda. 36 Et Bénaja fils de Jéhojadah répondit au Roi, et dit : Amen ! que l’Eternel le Dieu du Roi mon Seigneur l’ordonne ainsi ! 37 Comme l’Eternel a été avec le Roi mon Seigneur, qu’il soit aussi avec Salomon, et qu’il élève son trône encore plus que le trône du Roi David mon Seigneur. 38 Puis Tsadok le Sacrificateur descendit avec Nathan le Prophète, et Bénaja fils de Jéhojadah, les Kéréthiens et les Péléthiens, et ils firent monter Salomon sur la mule du Roi David, et le menèrent vers Guihon. 39 Et Tsadok le Sacrificateur prit du Tabernacle une corne pleine d’huile, et oignit Salomon ; puis on sonna de la trompette, et tout le peuple dit : Vive le Roi Salomon. 40 Et tout le monde monta après lui, et le peuple jouait de la flûte, et était dans la joie tellement que la terre se fendait des cris qu’ils jetaient. 41 Or Adonijah et tous les conviés qui étaient avec lui, entendirent ce bruit comme ils achevaient de manger ; et Joab entendant le son de la trompette, dit : Que veut dire ce bruit de la ville qui est ainsi émue ? 42 Et comme il parlait encore, voici Jonathan fils d’Abiathar le Sacrificateur arriva ; et Adonijah lui dit : Entre ; car tu es un vaillant homme, et tu apporteras de bonnes nouvelles. 43 Mais Jonathan répondit, et dit à Adonijah : Certainement le Roi David notre Seigneur a établi Roi Salomon. 44 Et le Roi a envoyé avec lui Tsadok le Sacrificateur, Nathan le Prophète, Bénaja fils de Jéhojadah, et les Kéréthiens, et les Péléthiens, et ils l’ont fait monter sur la mule du Roi. 45 Et Tsadok le Sacrificateur, et Nathan le Prophète l’ont oint pour Roi à Guihon, d’où ils sont remontés avec joie, et la ville est ainsi émue ; c’est là le bruit que vous avez entendu. 46 Et même Salomon s’est assis sur le trône du Royaume. 47 Et les serviteurs du Roi sont venus pour bénir le Roi David notre Seigneur, en disant : Que Dieu rende le nom de Salomon encore plus grand que ton nom, et qu’il élève son trône encore plus que ton trône ! Et le Roi s’est prosterné sur le lit. 48 Qui plus est, le Roi a dit ainsi : Béni soit l’Eternel le Dieu d’Israël, qui a fait aujourd’hui asseoir sur mon trône un successeur, lequel je vois de mes yeux. 49 Alors tous les conviés qui étaient avec Adonijah furent dans un grand trouble, et se levèrent, et s’en allèrent chacun son chemin. 50 Et Adonijah craignant Salomon, se leva et s’en alla, et empoigna les cornes de l’autel. 51Et on le rapporta à Salomon, en disant : Voilà Adonijah qui a peur du Roi Salomon, et voilà il a empoigné les cornes de l’autel, en disant : Que le Roi Salomon me jure aujourd’hui qu’il ne fera point mourir son serviteur par l’épée. 52 Et Salomon dit : Si à l’avenir il se porte en homme de bien il ne tombera pas un de ses cheveux en terre ; mais s’il se trouve du mal en lui, il mourra. 53 Alors le Roi Salomon envoya, et on le ramena de l’autel, et il vint, et se prosterna devant le Roi Salomon ; et Salomon lui dit : Va-t’en en ta maison.
Traduction : Bible Martin.
Conclusion
La Bible atteste que le roi David a eu au minimum dix-neuf fils (1 Chroniques 3:1-9, 2 Samuel 3, 1 Chroniques 3). Adonijah était son quatrième fils.

Au moment de sa tentative de prise de pouvoir, Adonijah était le fils le plus âgé. En effet, ses trois frères aînés étaient tous décédés : Dans l’ordre, Ammon, l’ainé, avait été tué, Kileab, avait disparu et était considéré décédé, et Absalom avait été tué par Joab (le chef de l’armée de David) après s’être rebellé contre son père le roi David, et ce contre l’avis de ce dernier qui avait ordonné de l’épargner.
Lorsque Salomon monta sur le trône vers 970 av. J.-C., Adonijah avait approximativement entre 35 et 40 ans. Salomon, né de Bethsabée bien après la prise de Jérusalem par David, était un jeune homme d’environ 19–20 ans. Cet écart d’âge est largement admis par les spécialistes de la Bible :
– Edwin Thiele (Mysterious Numbers of the Hebrew Kings) situe l’accession de Salomon à 20 ans.
– Kenneth Kitchen (On the Reliability of the Old Testament, p. 106) l’estime « à la fin de l’adolescence ou autour de 20 ans ».
– La tradition juive du Seder Olam Rabbah, reprise par Rachi et le Radak, affirme constamment que Salomon avait 19 ou 20 ans au début de son règne.
Le contraste est délibéré dans le texte : un Adonijah adulte et ambitieux (1 Rois 1,5-6) challenge son jeune frère Salomon inexpérimenté (qualifié de נַעַר na‘ar, « jeune », en 1 Rois 3,7 et 1 Chron 29,1) dont il savait pertinemment que David avait choisi pour lui succéder : Le fait qu’Adonijah ne l’ait pas informé de son couronnement alors que ce dernier était pourtant toujours le roi au pouvoir du royaume d’Israël en dépit de son grand âge, et n’ait pas invité Salomon, ni Tsadok le co-grand prêtre d’Israël, ni le prophète Nathan, ni les proches de Salomon à son couronnement est bien clair à ce sujet.
En d’autres termes, Adonijah se livrait à un véritable coup d’état et avait rassemblé un soutien puissant à ses côtés, notamment en les personnes de Joab et d’Abiathar :
– Joab était le neveu de David et général de son armée depuis 40 années mais était secrètement méprisé par David du fait de terribles crimes de sang. En soutenant Adonijah, Joab cherchait coûte que coûte à conserver son pouvoir compte tenu de la mort imminente de David car il savait que Salomon lui retirerait la commande de l’armée et qu’il serait quasi certainement exécuté. Son analyse rationnelle de la situation se révéla prémonitoire car c’est exactement ce qui se passa quelques jours plus tard après que David suggéra à Salomon de le tuer peu avant sa mort à cause de ses grands crimes passés (1 Rois 2:5-6).
– Le sacrificateur Abiathar était l’un des deux grands prêtres d’Israël (il était co-grand prêtre d’Israël au même titre que Tsadok, qui lui soutenait Salomon) : l’une de ses responsabilités majeures en tant que grand prêtre d’Israël était d’oindre et consacrer un nouveau roi avec d’huile sainte du tabernacle, ce qu’il a forcément fait avec Adonijah même si ce n’est pas mentionné dans le texte biblique du fait qu’une telle action était nulle et non avenue car elle n’était approuvée ni par Dieu ni par David. Adonijah ne pouvait légitimement prétendre au trône d’Israël sans le soutien d’au moins un des deux co-grands prêtres d’Israël. Le soutien d’Abiathar, grand prêtre, à Adonijah (ce qui constituait une trahison envers David et Salomon, donc envers Dieu) scella sa propre chute et celle, prophétisée, de la maison d’Éli dont il était le dernier descendant (1 Samuel 2:27–36 ; 3:11–14). Abiathar pensait qu’il n’y avait plus qu’un seul scénario dans lequel la maison d’Éli pouvait encore survivre : la victoire d’Adonijah. David avait en effet clairement favorisé son co-grand prêtre Tsadok — issu de la lignée d’Éléazar fils d’Aaron et prophétisé en 1 Samuel 2:35 comme le « prêtre fidèle » que Dieu élèverait — et Tsadok était un partisan résolu de Salomon.
Quand Salomon l’emporta, Abiathar fut immédiatement destitué et exilé à Anathoth (1 Rois 2:26–27), accomplissant ainsi la parole que l’Éternel avait prononcée contre la maison d’Éli à Silo.
Joab et Abiathar (dont la chute est l’accomplissement d’une importante prophétie) étaient donc deux des dignitaires les plus influents du royaume d’Israël à l’exception du roi David dont le peuple savait qu’il était à l’article de la mort et de Salomon son successeur, et au même titre que Bethsabée (la reine mère et épouse principale de David), Tsadok (le grand « prêtre fidèle » prophétisé qui oint et intronisa Salomon), Nathan (le prophète de la cour de David) et Bénaja (le commandant de la garde royale).
Du fait « du droit d’ainesse » (bekhorah) clairement édicté dans la Torah (Deutéronome 21:15-17, Genèse 25:29-34, Genèse 49:3-4), Adonijah estimait – et à juste titre s’il n’avait été du fait que son père avait révoqué son droit d’ainesse en choisissant Salomon à sa place – qu’il était le successeur légitime du royaume d’Israël. Le bekhorah (droit d’ainesse) pouvait en effet être révoqué par le père d’une famille selon la Torah (Genèse 49:3-4, Genèse 48:17-20), ce que David avait officiellement fait en promettant à Bethsabée que Salomon monterait sur le trône (1 Rois 1:13, 1 Rois 1:17).
Assurément, la révocation du droit d’aînesse constitue un thème récurrent crucial dans la Bible, et la préférence accordée à Salomon au détriment d’Adonijah en est l’un des exemples les plus frappants, à côtés des cas bien connus de Jacob achetant le droit d’ainesse à Ésaü, Juda (et la lignée davidique) étant choisi au lieu de Ruben, Siméon et Lévi, Éphraïm, le fils cadet de Joseph étant préféré à Manassé, et David lui-même étant élu par Dieu comme roi et prophète au travers du prophète Samuel plutôt que ses sept frères aînés, et d’autres exemples encore.

Voici donc le véritable contexte biblique au sujet du « jasad » en 38:34, à savoir qu’Adonijah est temporairement monté sur le trône promis à Salomon en tentant d’usurper le pouvoir.
Compte tenu que le sens du mot « jasadan » consiste (1) à imiter une forme ou un corps vivant sans être sa forme originale authentique (à l’image du veau d’or en 7:148, 20:88, c.a.d. une statue) et (2) qu’un jasad peut également être une personne vivante qui consomme de la nourriture (à l’image des prophètes en 21:8), une lecture coranique et biblique cohérente nous permet de proposer la traduction suivante :
وَلَقَدْ فَتَنَّا سُلَيْمَٰنَ وَأَلْقَيْنَا عَلَىٰ كُرْسِيِّهِۦ جَسَدًا ثُمَّ أَنَابَ
(38:34) En conséquence, Nous mîmes certes Salomon à l’épreuve et nous plaçâmes un prétendant rival issu de sa propre lignée (jasadan) sur son trône, suite à quoi il se repentit.
Adonijah n’était pas le « corps » ou personne authentique désignée par Dieu et David pour monter sur le trône, seulement un héritier rival ou prétendant illégitime ayant fomenté un coup d’état. Le terme « jasadan » suggère possiblement une ressemblance physique entre Adonijah et son frère Salomon (et en tout cas une forte ressemblance génétique), à l’image d’une statue. Nous dirons encore que de même qu’une statue (jasad) est issue d’un moule et est dénuée de vie, Adonijah était issu du même moule ou lignée davidique mais allait à l’encontre de la légitimité divine quant au trône, c’est-à-dire qu’allégoriquement il était spirituellement éteint ou sans vie au sens plein du terme.
Au bout du compte, nous avons choisi la traduction ci-dessus du mot « jasadan » par « un prétendant rival issu de sa propre lignée » compte tenu du fait qu’Adonijah était un prétendant rival crédible (l’ainé) de la lignée de David.
Adonijah, le jasad en 38:34, de même que les prophètes en 21:8, était bien une personne en chair et en os qui représentait un danger clair et imminent non seulement pour le trône promis à Salomon, mais pour la propre vie de ce dernier et celle de ses proches. Nous soulignerons ici qu’un djinn ou démon sans vie placé ou jeté sur le trône de Salomon tel que rapporté dans beaucoup de tafsirs ne représentait aucune menace tangible pour le trône de Salomon.
Surtout, l’idée que le « jasad » était un démon ou un djinn est purement spéculatif et dépourvu de tout fondement coranique ou biblique : En effet, nous avons étudié que le mot « jasadan » (جَسَدًا) n’apparaît que quatre fois en tout dans l’ensemble du texte coranique, et désigne (1) soit une statue (le veau d’or) par définition dépourvue de vie (7:148, 20:88), (2) soit un corps humain tout à fait vivant [les prophètes, et Adonijah (21:8 et 38:34)]. Contrairement à l’interprétation sunnite souvent prépondérante, le terme ne désigne donc jamais un djinn ou un démon dans le livre de Dieu.
(38:34) En conséquence, Nous mîmes certes Salomon à l’épreuve et Nous plaçâmes un jasadan (Adonijah = un héritier rival issu de sa propre lignée) sur son trône :
Salomon fut totalement pris par surprise par ce coup d’état soudain et Nathan avertit judicieusement Bethsabée en 1 Rois 1:12 qu’Adonijah l’aurait mis à mort ainsi que sa mère s’il était parvenu à ses fins car il savait pertinemment qu’il allait à l’encontre de la décision et de l’autorité de son père, et Salomon serait demeuré une menace permanente l’eût-il épargné.
Le Coran choisi toujours les mots avec une précision divine : Imaginez l’effroi que Salomon a éprouvé lorsqu’il a été confronté au fait qu’un « jasadan » (un prétendant en chair et en os de sa propre lignée, et qui plus est son aîné !) avait pris sa place sur le trône avec l’accord et la bénédiction du grand prêtre d’Israël (Abiathar) et le soutien du chef historique redouté de l’armée de David (Joab) que le roi David lui-même craignait à tel point qu’il avait peur de congédier !
Il y a toujours une raison profonde à toute chose, et le Coran nous informe que le test sévère auquel Salomon a été soumis était en réalité dû par-dessus tout au fait qu’il privilégiait les biens de ce monde au-delà du rappel de Dieu, à savoir la prière rituelle obligatoire. Nous rappelons ici que 38:31-32 relate que Salomon avait raté la prière de la deuxième partie de l’après-midi car il était aveuglé par son amour des chevaux (lesquels ont d’ailleurs symbolisé plus tard sa puissance militaire (1 Rois 4:26, 1 Rois 10:26, 1 Rois 10:28-29, 2 Chroniques 9:25) et a donc temporairement privilégié la vie d’ici-bas. Il en a pris conscience suite à ce test divin et s’est finalement repenti (38:34).
Le test sévère auquel Salomon a été soumis parce qu’il avait raté sa ṣalāt doit également nous servir d’avertissement : Ratons-nous occasionnellement notre prière ? Et si c’est le cas, sommes-nous aveuglés ou distrait en ces occasions par les biens de ce monde et des choses futiles ? Et qu’en est-il de ceux qui ne font même pas leur prière ?! Comment s’étonner dans de tels cas que des problèmes ou malheurs surviennent ? Et que Dieu nous garde de jamais tenter de nous cacher derrière le fait que, par Son immense miséricorde, Il ignore beaucoup de nos péchés (16:61, 35:45).
Nous noterons de surcroît que la prière de Salomon suite à son repentir (38:35) est très voisine de la prière que nous trouvons en 1 Rois 1:47 :
(38:35) Il s’écria : Mon Seigneur, pardonne-moi et accorde-moi un royaume que nul après moi n’égalera. En vérité, Tu es l’Exauceur [Suprême].
1 Rois 1:47 : Et les serviteurs du Roi sont venus pour bénir le Roi David notre Seigneur, en disant : Que Dieu rende le nom de Salomon encore plus grand que ton nom, et qu’il élève son trône encore plus que ton trône ! Et le Roi s’est prosterné sur le lit.
Dieu a exaucé ces deux prières au sujet du royaume de Salomon et la Bible et le Coran reconnaissent tous deux la grandeur de ce royaume unique dans l’histoire de l’humanité (1 Rois 10:23-27, Coran 27:30-44 et plus).
Le tableau suivant récapitule les faits essentiels du débat :
Tableau comparatif : deux lectures du « jasadan » en 38:34

Pour conclure, le débat autour du mot « jasadan » illustre une nouvelle fois que les sunnites et shiites tendent à se dissocier de la révélation divine à cause de la conjecture des hadiths et traditions qu’ils placent régulièrement au-dessus de la parole de Dieu (le Coran), qui non seulement est pleinement détaillée (7:52, 6:114, 10:37), mais dont le rôle est de confirmer la Bible (al-Kitāb, cf. 10:37, l’ancienne révélation et loi divine), ce qu’il fait très exactement ici en confirmant la véracité du coup d’état manqué d’Adonijah, tristement célèbre pour avoir tenté d’usurper le trône de Salomon.
Je conseille à toute personne de tradition sunnite qui n’a jamais fait le lien avec le coup d’état d’Adonijah de profiter de l’occasion pour réévaluer les traditions contradictoires sunnites et au contraire de systématiquement privilégier le message d’ al-Kitāb (la Bible) pour autant qu’il ne contredisent pas le Coran, ce dernier étant de surcroît directement confirmé ici par le Coran, le message parfaitement préservé par Dieu qui prévaut toujours en cas de désaccord avec la Bible.
