Code vestimentaire feminin

Que Dieu me pardonne et me guide pour tout ce que j’aurais pu mal interpréter dans cette étude et ailleurs. Qu’Il puisse nous guider vers une meilleure compréhension de Sa révélation afin que nous puissions nous purifier et accroître notre savoir.

Le mode vestimentaire féminin est un débat récurrent et crucial dans les milieux islamiques du fait du poids de traditions sans fondement (hadiths et sounna) qui empêchent les gens d’analyser le texte coranique sans interférences. Cette étude tentera, sans idée préconçue, de réconcilier les différents versets ayant trait au sujet dans un contexte purement coranique, afin d’en saisir le message précis, sans se laisser influencer par les sociétés occidentales qui sont souvent opposées à l’Islam ou même les coranistes qui ont tendance à vouloir réinventer l’Islam et ont parfois honte de ce que le Coran propose et le mode de vie que cela implique dans une société occidentale.

1. Versets clefs:

يَٰبَنِىٓ ءَادَمَ قَدْ أَنزَلْنَا عَلَيْكُمْ لِبَاسًا يُوَٰرِى سَوْءَٰتِكُمْ وَرِيشًا

وَلِبَاسُ ٱلتَّقْوَىٰ ذَٰلِكَ خَيْرٌ ذَٰلِكَ مِنْ ءَايَٰتِ ٱللَّهِ لَعَلَّهُمْ يَذَّكَّرُونَ

(7:26) O postérité d’Adam, nous vous avons pourvu de vêtements pour couvrir votre nudité, de même qu’en guise de parure; Mais [En réalité], c’est le vêtement de piété qui est le meilleur. Tels sont parmi les signes de Dieu, afin qu’ils se souviennent.

قُل لِّلْمُؤْمِنِينَ يَغُضُّوا۟ مِنْ أَبْصَٰرِهِمْ وَيَحْفَظُوا۟

(24:30) Enjoins les croyants de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté. C’est plus pur pour eux. En vérité, Dieu est pleinement conscient de ce qu’ils font.

وَقُل لِّلْمُؤْمِنَٰتِ يَغْضُضْنَ مِنْ أَبْصَٰرِهِنَّ وَيَحْفَظْنَ فُرُوجَهُنَّ وَلَا يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا مَا ظَهَرَ مِنْهَا وَلْيَضْرِبْنَ بِخُمُرِهِنَّ عَلَىٰ جُيُوبِهِنَّ وَلَا يُبْدِينَ زِينَتَهُنَّ إِلَّا لِبُعُولَتِهِنَّ أَوْ ءَابَآئِهِنَّ أَوْ ءَابَآءِ بُعُولَتِهِنَّ أَوْ أَبْنَآئِهِنَّ أَوْ أَبْنَآءِ بُعُولَتِهِنَّ أَوْ إِخْوَٰنِهِنَّ أَوْ بَنِىٓ إِخْوَٰنِهِنَّ أَوْ بَنِىٓ أَخَوَٰتِهِنَّ أَوْ نِسَآئِهِنَّ أَوْ مَا مَلَكَتْ أَيْمَٰنُهُنَّ أَوِ ٱلتَّٰبِعِينَ غَيْرِ أُو۟لِى ٱلْإِرْبَةِ مِنَ ٱلرِّجَالِ أَوِ ٱلطِّفْلِ ٱلَّذِينَ لَمْ يَظْهَرُوا۟ عَلَىٰ عَوْرَٰتِ ٱلنِّسَآءِ وَلَا يَضْرِبْنَ بِأَرْجُلِهِنَّ لِيُعْلَمَ مَا يُخْفِينَ مِن زِينَتِهِنَّ وَتُوبُوٓا۟ إِلَى ٱللَّهِ جَمِيعًا أَيُّهَ ٱلْمُؤْمِنُونَ لَعَلَّكُمْ تُفْلِحُونَ

(24:31) Et enjoins les croyantes de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté, et de ne rien révéler de leurs attributs de beauté à l’exception de ce qui est manifeste, et de rabattre leurs foulards sur leurs poitrines; et de ne rien révéler de leurs attributs de beauté autrement qu’en présence de leurs maris, de leurs pères, des pères de leurs maris, de leurs fils, des fils de leurs maris (issus d’un autre mariage), de leurs frères, des fils de leurs frères, des fils de leurs sœurs, de leurs femmes (par exemple des servantes), de ce que leurs mains droites possèdent (esclaves), des serviteurs males qui ne sont point sujet à des désirs physiques, ou des enfants qui ne sont pas conscients du caractère privé lié aux femmes. Et qu’elles ne laissent pas leur démarche (lit. Leurs pieds) révéler les attributs de beauté qu’elles dissimulent. Et tournez-vous vers Dieu en repentance, tous ensemble, Ô vous les croyants, afin que vous connaissiez le succès.

وَٱلْقَوَٰعِدُ مِنَ ٱلنِّسَآءِ ٱلَّٰتِى لَا يَرْجُونَ نِكَاحًا

فَلَيْسَ عَلَيْهِنَّ جُنَاحٌ أَن يَضَعْنَ ثِيَابَهُنَّ غَيْرَ مُتَبَرِّجَٰتٍۭ

بِزِينَةٍ وَأَن يَسْتَعْفِفْنَ خَيْرٌ لَّهُنَّ وَٱللَّهُ سَمِيعٌ عَلِيمٌ

(24:60) Pour ce qui est des femmes qui sont en période de ménopause (والقوعد من النساء = walqawa’idu minal nisai) et qui n’éprouvent pas le désir de se marier, aucun blâme ne pèse sur elles si elles décident d’alléger leur tenue vestimentaire (ان يضعن ثيابهن = an yada’na thiyâbahunna) sans faire montre de leurs attributs de beauté (غير متبرجت بزينة = ghayra mutabarrijâtin bizînatin); mais c’est préférable pour elles si elles s’abstiennent; Dieu est Audient, Omniscient.

وَٱلَّذِينَ يُؤْذُونَ ٱلْمُؤْمِنِينَ وَٱلْمُؤْمِنَٰتِ بِغَيْرِ

مَا ٱكْتَسَبُوا۟ فَقَدِ ٱحْتَمَلُوا۟ بُهْتَٰنًا وَإِثْمًا مُّبِينًا

(33:58) Ceux qui portent atteinte aux croyants et aux croyantes pour autre que ce dont ils sont responsables, portent le fardeau de toute fausse accusation et péché manifeste.

يَٰٓأَيُّهَا ٱلنَّبِىُّ قُل لِّأَزْوَٰجِكَ وَبَنَاتِكَ وَنِسَآءِ ٱلْمُؤْمِنِينَ يُدْنِينَ عَلَيْهِنَّ مِن

جَلَٰبِيبِهِنَّ ذَٰلِكَ أَدْنَىٰٓ أَن يُعْرَفْنَ فَلَا يُؤْذَيْنَ وَكَانَ ٱللَّهُ غَفُورًا رَّحِيمًا

(33:59) Ô prophète ! Enjoins tes épouses, tes filles, ainsi que les femmes des croyants, de rallonger les robes [qu’elles portent] sur elles (يُدْنِينَ عَلَيْهِنَّ مِن جَلَٰبِيبِهِنَّ = yudnina ‘alayhinna min jalâbîbihinna). C’est le meilleur moyen qu’elles soient reconnues (أَن يُعْرَفْنَ = an yu’rafna) [en tant que femmes respectables/croyantes] et non ennuyées. Dieu est enclin au pardon, Miséricordieux.

2. Définitions clés:

Le Coran est toujours divinement précis quant au choix des mots. Deux mots différents sont utilisés pour définir le mode vestimentaire féminin:

1. Le jilbâb (جلباب);

Le pluriel « jalâbîb » est le utilisé en 33:59, où les femmes sont enjointes de « rallonger leurs robes ».

Il n’y a pas de controverse au sujet du mot jilbâb, qui signifie « robes amples », djellabas.

2. Le khimâr (خمار) :

Le pluriel « khoumour » est utilisé en 24:31. Les femmes reçoivent le commandement de « rabattre leurs foulards sur leurs poitrines » et de ne « rien révéler de leurs attributs de beauté à l’exception de ce qui est manifeste », à l’exception de certaines catégories de personnes.

Le verbe et la préposition « daraba ‘ala» qui signifie « couvrir », « rabattre au dessus » est employé en conjonction avec le mot « poitrines ».

Définition du mot khimâr:

Dans le contexte de 24:31, un khimâr est un foulard ou un morceau de tissu de forme carrée avec lequel les femmes recouvrent leurs chevelures, et suffisamment long pour pouvoir couvrir d’autres parties du corps puisque les femmes l’utilisent pour recouvrir leurs poitrines. Le khimâr vient donc se superposer au dessus du jilbâb (une robe ample) que les femmes portent (33:59), et constitue donc le deuxième élément de la tenue vestimentaire décrite dans le Coran.

L’Islam traditionnel emploie quasi systématiquement le mot « hijâb » (حجاب) au lieu du mot « khimâr » employé en 24:31, ce qui constitue une déformation par rapport au texte coranique. Le mot « Hijâb » apparait sept fois dans le Coran, cinq fois en tant que « hijâb » et deux fois en tant que « hijaban » (7:46, 33:53, 38:32, 41:5, 42:51, 17:45, 19:17). On peut traduire le mot par « voile », « écran », « séparation », « rideau », « partition », barrière, etc… Le mot n’est jamais associé avec la tenue vestimentaire féminine.

Les dictionnaires coraniques traduisent unanimement le mot « khimâr » en 24:31 comme un simple foulard ou une pièce de tissu avec lequel les femmes recouvrent leurs cheveux. Par exemple « le dictionnaire du saint Coran » par Omar, le « Lane’s lexicon », Taaj-el-uroos; Lisaan-al-Arab par Ibn-e-Manzoor; Lataif-ul-Lughat; Lughat-ul-Quran par Parvez; “Dictionnaire de l’arabe moderne” par Hans Wehrs, “Dictionnaire et glossaire du Coran” par John Penrice; etc…

La racine « khamira », de laquelle « khimâr » dérive, signifie « couvrir », « voiler », « cacher », « dissimuler »… Le mot « khamar » est différent de « khimâr » puisqu’il signifie « voiler » ou « obscurcir » l’intellect, par exemple sous l’effet de drogues ou d’alcool.

Certains musulmans « réformistes » précisent que le mot « khimâr » ne signifie pas toujours « foulard » et peut également signifier « toute chose qui recouvre », tel qu’un rideau, une robe, une nappe, une couverture, etc…

Le premier élément de preuve que le pluriel de khimâr (khoumour) dans le contexte de 24:31 signifie bien un foulard avec lequel les femmes se couvrent la chevelure est que quiconque (homme ou femme) vie dans un désert aussi exceptionnellement aride que celui de l’Arabie est absolument obligé de se protéger la tête à cause de l’extrême chaleur du soleil. Il n’y pas de civilisation ancienne qui aurait pu échapper à cela. 

Le « khimâr » en 24:31 n’est pas synonyme de « jilbâb » (robe), le vêtement porté par les femmes à l’époque du prophète, car 33:59 leur demande de « rallonger leurs jalâbîb » (robes) ; le Coran est divinement précis quant au choix des mots et il est logique que « jalâbîb » aurait été choisi à la place de « khoumour » en 24:31 si c’était ce que cela signifiait. De plus ce serait un non-sens que de demander aux femmes de « rabattre » ou « couvrir » une robe déjà existante sur leurs poitrines puisqu’elles sont déjà taillées à une dimension particulière.

Le khimâr dont il est question en 24:31 ne peut être un rideau, une nappe, ou « quoi que ce soit qui couvre » puisque le Coran nous indique que les femmes portaient déjà « leurs khoumour » au moment où 24:31 a été révélé puisqu’il nous est indiqué que les femmes doivent « rabattre leurs khoumour (qui faisaient déjà partie de leur coutume vestimentaire) sur leurs poitrines ». La seule différence est que les femmes n’utilisaient pas le khimâr pour couvrir leurs poitrines à l’époque.

Puisque le khimâr n’était pas utilisé pour couvrir les poitrines avant la révélation du Coran, qu’était-il supposé recouvrir? Etait-il utilisé pour couvrir les épaules ou le dos pour s’assurer que les femmes aient encore plus chaud dans la chaleur extrême du désert de l’Arabie ? C’est évidemment absurde.

On pourrait encore prétendre que les femmes devaient rabattre leur khimâr sur leurs poitrines au lieu de couvrir leurs têtes. Le problème est qu’il serait irresponsable d’avoir demandé aux femmes arabes à l’époque d’arrêter de protéger leurs têtes vu la chaleur extrême du soleil et du climat.

En d’autres termes, n’ayons pas honte et ne nous voilons pas la face quant à la signification réelle de khimâr en 24:31, comme le font certains « musulmans réformistes », simplement parce qu’il s’agit d’un mode vestimentaire différent de celui des pays non musulmans: Un khimâr n’est rien d’autre qu’un foulard avec lequel les femmes se couvrent la tête, et à partir de là, les musulmanes ont reçu le commandement de le rabattre sur leurs poitrines.

Nous n’avons jusqu’à présent fait que clarifier la définition de khimâr en 24:31 et n’avons pas réconcilié l’ensemble des versets qui traitent du sujet, ce qui sera le but de la section suivante.

3. Analyse et commentaire des versets

3.1 7:26, « le vêtement de piété » : Dimension physique et spirituelle

(7:26) O postérité d’Adam, nous vous avons pourvu de vêtements pour couvrir votre nudité, de même qu’en guise de parure; Mais [En réalité], c’est le vêtement de piété qui est le meilleur. Tels sont parmi les signes de Dieu, afin qu’ils se souviennent.

« Le vêtement de piété » revêt un double sens puisqu’il réfère aussi bien au vêtement décent que les hommes et les femmes sont censés porter, qu’au vêtement spirituel de piété et de droiture. Notre modestie extérieure doit refléter notre pureté intérieure et vice versa ; tel est le meilleur vêtement que nous puissions porter.  

3.2 24:30-31 : Développement du thème de dimension physique et spirituelle du « vêtement de piété »

(24:30) Enjoins les croyants de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté. C’est plus pur pour eux. En vérité, Dieu est pleinement conscient de ce qu’ils font. (24:31) Et enjoins les croyantes de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté, et de ne rien révéler de leurs attributs de beauté à l’exception de ce qui est manifeste/apparent, et de rabattre leurs foulards sur leurs poitrines; et de ne rien révéler de leurs attributs de beauté autrement qu’en présence de leurs maris, de leurs pères, des pères de leurs maris, de leurs fils, des fils de leurs maris (issus d’un autre mariage), de leurs frères, des fils de leurs frères, des fils de leurs sœurs, de leurs femmes (par exemple des servantes), de ce que leurs mains droites possèdent (esclaves), des serviteurs males qui ne sont point sujet à des désirs physiques, ou des enfants qui ne sont pas conscients du caractère privé lié aux femmes. Et qu’elles ne laissent pas leur démarche (lit. Leurs pieds) révéler les attributs de beauté qu’elles dissimulent. Et tournez-vous vers Dieu en repentance, tous ensemble, Ô vous les croyants, afin que vous connaissiez le succès.

En 24:30-31, le vêtement de piété et de droiture, le plus important, apparait logiquement en premier aussi bien pour les hommes que pour les femmes: Non seulement devons nous être chastes, notre comportement doit refléter notre chasteté, pureté, et soumission à Dieu puisqu’il nous est commandé de baisser notre regard.

Si 7:26 indique que les hommes aussi bien que les femmes doivent revêtir un vêtement de piété, une attention toute particulière est donnée en 24:31 à la façon dont les femmes doivent s’habiller: Elles reçoivent le commandement « de ne rien révéler de leurs attributs de beauté à l’exception de ce qui est manifeste ». Il s’agit intentionnellement d’une formule très générale, dont nous verrons plus loin la portée réelle. Nous voyons dans le même verset que la notion de ne rien révéler des attributs de beauté ne se limite pas à « rabattre leurs foulards sur leurs poitrines », mais implique tout le corps, à l’exception de ce qui est manifeste, puisque même le mouvement des pieds ne peut être un prétexte pour « révéler les attributs de beauté qu’elles dissimulent ». En d’autres termes, elles ne doivent pas attirer l’attention par exemple avec le bruit causé par leur démarche (avec des chaussures), des bracelets portés sur les chevilles, ou par un mouvement qui révélerait une partie de leurs jambes. Cette observation correspond parfaitement a celle du verset 33:59 qui indique que les femmes doivent « rallonger leurs robes (jalâbîb) »; nous pouvons donc raisonnablement conclure qu’il est plus proche de la piété pour les femmes de couvrir l’intégralité de leurs bras et de leurs jambes.

Catégories de personnes en face de qui les femmes peuvent être habillées de façon plus informelle:

– Leurs maris,

– Leurs pères,

– Leurs fils,

– Les fils de leurs maris (issus d’un autre mariage),

– leurs frères,

– leurs neveux (les fils aussi bien de leurs frères que de leurs sœurs),

– leurs femmes (par exemple leurs servantes),

– au temps où l’esclavage était encore en pratique, leurs esclaves,

– leurs serviteurs males s’ils n’éprouvent pas d’attirance physique,

– Les garçons impubères qui en sont encore à un stade d’innocence. 

La liste ci-dessus implique clairement que les femmes peuvent s’habiller de façon informelle en présence d’autres femmes.

Profitons-en pour préciser que derrière le fait que 24:31 définit précisément les catégories de personnes devant qui une femme peut être habillée de façon plus décontractée, nous ressentons le caractère extrêmement privé d’un foyer musulman. Nous trouvons précisément le commandement suivant peu avant 24:31:

(24:27) O vous qui croyez ! N’entrez pas dans des maisons autres que vos propres maisons à moins que vous en ayez requis la permission et que vous en ayez salué ses habitants. C’est préférable pour vous, peut être en serez-vous conscients. (24:28) Et si vous n’y trouvez personne, n’y entrez pas, jusqu’à tant que permission ne vous soit accordée. Et s’il vous est dit de partir, alors partez. C’est plus pur pour vous, Et Dieu est conscient de ce que vous faites.

3.2.1 Dénoncer l’extrémisme musulman: Pourquoi le Coran prouve que voiler une femme est contraire au mode vestimentaire coranique:

(24:31) Et enjoins les croyantes de baisser leurs regards et de préserver leur chasteté, et de ne rien révéler de leurs attributs de beauté à l’exception de ce qui est manifeste/apparent (الا ما ظهر منها = ilâ mâ zahara minhâ), et de rabattre leurs foulards sur leurs poitrines;…

Question aux extrémistes qui prétendent qu’une femme doit être totalement voilée:

Puisque Dieu lui-même déclare qu’il y a une claire exception dans le fait que les femmes doivent dissimuler leurs attributs de beauté puisque « ce qui est manifeste/apparent » ne doit pas être couvert, quelle partie de la femme est laissée « apparent » lorsqu’une femme est totalement voilée, c’est-à-dire lorsqu’elle porte un niqab ou une bourka ?

C’est pour cela que prétendre que le visage et les mains doivent également être couverts revient à inventer des interdits religieux qui contredisent le Coran. Inventer de tels lois ou interdits est un stade avancé de polythéisme et le plus grave péché en Islam (4:60-61, 42:21) car c’est permettre à de vaines idoles (de soit disant « oulemas », hadiths, etc…) de prendre le pas sur la parole et la loi de Dieu (le Coran).

Il est évident que le khimâr ne peut être transparent (ce qui permettraient à des femmes totalement voilées de voir) sinon les femmes ne pourraient couvrir correctement leurs poitrines.

Nous avons vu que les femmes portaient un foulard sur la tête avant que le Coran ne soit révélé. Le Coran demande aux femmes d’utiliser leur foulard pour couvrir leurs poitrines. Le Coran ne fait nulle part mention du fait qu’il faille se voiler la figure (autrement les femmes qui portent un khimâr seraient aveugles).  

Les femmes n’étaient pas voilées avant la révélation de 24:31 car le verset montre que leurs poitrines ou décolletés ainsi que d’autres parties de leurs corps étaient régulièrement en évidence. Pourquoi une femme voilée montrerait-elle son décolleté ? Le seul commandement survenu par la suite fut de couvrir la poitrine et de porter des vêtements ou robes longues, et non pas de se voiler la face, qui n’a jamais été un commandement divin.Rien dans le Coran ne suggère qu’une ouverture doive être faite dans le khimâr afin de laisser un espace pour les yeux tel que c’est le cas pour le niqab. Le khimâr est un simple foulard composé d’une seule pièce de tissu. Une fois de plus, le langage simple du Coran exclut tout abus religieux à l’encontre des femmes.

Ci-dessus, un exemple de la façon dont le « khimâr » est rabattu sur la poitrine et comment les femmes doivent s’habiller modestement en « ne révélant rien de leurs attributs de beauté à l’exception de ce qui est manifeste/apparent ». Le mode vestimentaire féminin ne fait rien d’autre que représenter une modestie extérieure qui doit refléter une pureté intérieure. Cela n’a rien à voir avec les exagérations des extrémistes.

3.2.2 Il n’y a aucun commandement formel qu’une femme recouvre sa chevelure avec un foulard, mais est-ce sous-entendu dans le texte coranique?

24:31 ne commande pas directement aux femmes de porter un foulard couvrant les cheveux, mais simplement de ne rien révéler de leurs attributs de beauté à l’exception de ce qui est manifeste/apparent, et de rabattre leurs foulards sur leurs poitrines.

Nous savons de façon certaine que ce qui est « manifeste » ou « apparent » compte tenu du code vestimentaire féminin édicté par le Coran (rabattre le khimâr sur la poitrine et porter de longs vêtements) constitue une exception pour ce qui est de dissimuler les attributs de beauté. Cela signifie que la figure et les mains font clairement partie de cette exception comme nous l’avons vu; L’Islam n’est pas une prison mais une religion que Dieu a rendue simple pour tous les croyants:

(20:2) Nous ne t’avons point révélé le Coran pour te causer des difficultés, (20:3) Mais comme un rappel pour ceux qui éprouvent de la crainte [envers Dieu].

Se couvrir la tête avec un khimâr fait-il partie du mode vestimentaire féminin ? La question de fond peut se formuler en deux temps:

1. Les cheveux font-ils partie des attributs de beauté féminine ? Il serait difficile de répondre par la négative.

2. Il est indiscutable que la chevelure des femmes était déjà couverte avec un khimâr au moment où 24:31 a été révélé. Etait-il vraiment nécessaire de préciser qu’un tel attribut de beauté devait être couvert ou suffisait-il simplement d’expliquer quelles dispositions supplémentaires étaient nécessaires pour s’habiller de façon décente ?

 Il y a deux façons de comprendre 24:31 et 33:59:

1. 24:31 décrit comment les femmes étaient habillées au moment de la révélation, pas nécessairement que les femmes doivent systématiquement s’habiller de la même façon par la suite car la tenue vestimentaire dépend des coutumes locales, et que le Coran ne commande clairement que de se couvrir la poitrine (24:31) et de porter de longs vêtements (33:59).

2. Le Coran étant pleinement détaillé, il est intemporel, il montre le meilleur chemin, et le mode vestimentaire décrit dans le Coran (porter un khimâr/foulard sur la tête rabattu sur la poitrine et des vetements longs) est le mode vestimentaire parfait pour toute femme qui veut être sûre de se conformer aux commandements de Dieu. Porter un foulard sur la chevelure et le rabattre sur la poitrine garanti non seulement que la poitrine est couverte, mais également sa forme, ce qui ne peut être accompli au même niveau si une femme ne fait qu’ajouter un foulard sur sa robe en le portant sur ses épaules.

Alors quelle est la meilleure solution? A mon sens, et c’est là l’un des aspects de la grandeur du Coran, le contexte entre en ligne de compte, car le Coran est intemporel et conçu pour palier à toute situation de manière flexible jusqu’au jour du jugement.

– Il est clairement préférable, spécialement dans une société musulmane, d’être le plus proche possible de l’exemple du Coran, c’est-à-dire que les femmes portent un foulard qui couvre leur chevelure, et qui soit rabattu sur leur poitrine, car c’est le mode vestimentaire qui révèle le minimum des attributs de beauté et des formes harmonieuses de la femme, à l’exception de la figure, des mains, et des pieds (dans une maison, mosquée, etc…). C’est sans conteste le mode vestimentaire le plus modeste.

– D’autre part, puisque le fait de porter un foulard qui recouvre les cheveux n’est pas explicitement obligatoire, cela ne laisse-t-il pas la porte ouverte à ce que les femmes musulmanes vivent des vies normales dans un environnement hostile à la religion musulmane, sans pour autant déroger à la partie obligatoire du mode vestimentaire qui est de couvrir la poitrine et de porter des vêtements longs ?

3.2.3 L’esprit général du Coran

La religion musulmane est facile à pratiquer: Nous avons le droit de faire la prière en marchant, conduisant (etc…) dans des situations gênantes ou dangereuses (2:239). Nous pouvons manger du porc dans des situations extrêmes telles qu’une famine (5:3). Un musulman qui ne peut absolument pas jeuner pendant le mois de ramadan peut nourrir à la place des personnes dans le besoin (2:184).

Ces quelques exemples prouvent que l’Islam n’est pas rigide mais bien au contraire extrêmement flexible, illustrant que « Dieu n’a pas révélé le Coran pour nous causer des difficultés » (20:2).

Cette flexibilité est à mon avis directement liée au fait que Dieu n’ait pas ordonnée de façon spécifique aux femmes de porter le foulard sur leurs chevelures, mais a simplement impliqué de façon assez claire que cela correspond à la tenue vestimentaire féminine idéale, ce afin de permettre de trouver des solutions faciles en cas de situations gênantes. Dieu savait bien évidemment que des dizaines de millions de femmes vivraient dans des sociétés hostiles à l’Islam où une musulmane n’a souvent strictement aucune chance de trouver un travail si il elle adopte un mode vestimentaire qui l’identifie comme musulmane.

Les femmes et les foyers musulmans en général n’ont-ils pas le droit de survivre en mettant à profit la miséricorde de Dieu qui a créé un Coran parfait dont le langage est si précis qu’il nous permet de palier à toutes difficultés et nous simplifie la vie? Il y a des pays comme la France ou porter le foulard à l’école est interdit par la loi. Les jeunes musulmanes devraient-elles arrêter leur scolarité et en subir les conséquences le reste de leur vie, ou Dieu, par sa miséricorde, n’a-t-il pas prévu une simple solution dans un tel cas. La solution est que les jeunes musulmanes s’habillent de façon modeste et continuent de travailler avec acharnement pour préparer leur avenir à l’école en tirant profit du principe de flexibilité, car Dieu a volontairement ouvert une porte en ne mentionnant pas l’aspect obligatoire du foulard. 

S’il est clair que porter le foulard est un degré de piété plus élevé puisque la chevelure fait partie des attributs de beauté de la femme et qu’il s’agit du mode vestimentaire décrit dans le Coran, les femmes ne commettent aucun péché si elles choisissent de révéler leurs chevelures dans une société hostile. D’autre part, si l’Islam est flexible, c’est aussi une religion très ferme où les gens défendent leurs droits, religion et mode de vie. Il faut donc faire la distinction entre flexibilité et faiblesse, et ne s’orienter vers les solutions de flexibilité que lorsque c’est vraiment justifié ; il nous faut craindre Dieu et non pas le regard d’autrui.

4. 33:59 : Au moment de la révélation, le moyen pour les femmes d’être « reconnues » ou « identifiées » (en tant que musulmanes) était de rallonger leurs vêtements.

(33:59) Ô prophète ! Enjoins tes épouses, tes filles, ainsi que les femmes des croyants, de rallonger les robes [qu’elles portent] sur elles. C’est le meilleur moyen qu’elles soient reconnues [en tant que femmes respectables] et non ennuyées. Dieu est enclin au pardon, Miséricordieux.

L’une des leçons que l’on peut tirer du verset ci-dessus est que ce qui est considérée comme un mode vestimentaire respectable est aussi une question de contexte: Au temps du prophète, toutes les femmes (musulmanes ou non) portaient le foulard (khimâr) en raison du climat et de la coutume locale, mais les femmes avaient l’habitude de révéler leurs atours dans une société plongée dans l’ignorance. Les musulmanes étaient donc reconnues pour leur piété en raison du fait qu’elles portaient des vêtements longs et qu’elles couvraient leurs poitrines, et non parce qu’elles portaient le foulard. C’est pour cela que même si c’est un degré de piété plus élevé que de porter le foulard, l’aspect le plus important est que les femmes « rallongent leurs vêtements » et ne révèlent pas leurs atours. 

De nos jours, le contexte a changé et une femme sera reconnue comme une musulmane pratiquante en premier lieu en raison du port du foulard, alors que sa foi ou sa piété pourrait facilement passer inaperçue si elle ne fait que porter des vêtements longs, par exemple s’il fait froid.

Il est également clair en règle générale que si une femme porte des vetements longs et modestes elle sera moins à même d’être dérangée par des ignorants en comparaison avec une femme qui s’habillerait pour attirer les regards.

Est-il besoin de préciser qui même si une femme est habillée d’une façon qui ne serait pas considérée comme décente en Islam, un vrai musulman ne devrait jamais la déranger ou la harceler, car nous avons reçu le commandement de rester chaste et de baisser les regards. Bien au contraire une personne douée d’intelligence s’éloignerait d’une femme dont la tenue vestimentaire révèle qu’elle n’est pas musulmane. Rappelons que les conséquences pour une homme ou une femme de perdre sa chasteté est absolument catastrophique, tel qu’expliqué dans l’article « adultère/fornication » sur ce website.

Beaucoup de femmes recherchent une beauté artificielle en cherchant à être « sexy » ou à rivaliser avec les autres femmes. L’Islam insiste au contraire sur la vraie beauté: Celle de l’âme, qui se reflète naturellement par une attitude extérieure de modestie. Rien n’empêche cependant d’allier élégance et modestie; tout est toujours une question de mesure.

Le mode vestimentaire en Islam procure également plus d’égalité entre les femmes, l’Islam insistant plus sur la pureté et la foi que la beauté extérieure.   

5. Verset 24:60 : Une compréhension plus profonde de l’importance du mode vestimentaire féminin

(24:60) Pour ce qui est des femmes qui sont en période de ménopause et qui n’éprouvent pas le désir de se marier, aucun blâme ne pèse sur elles si elles décident d’alléger leur tenue vestimentaire sans faire montre de leurs attributs de beauté; mais c’est préférable pour elles si elles s’abstiennent; Dieu est Audient, Omniscient.

24:60 est directement lié à 24:31 et au fait que les femmes doivent ne « rien révéler de leurs attributs de beauté à l’exception de ce qui est manifeste, et de rabattre leurs foulards sur leurs poitrines ».

Nous savons grâce à 24:31 et 33:59 que le mode vestimentaire se compose d’une « jilbâb » (robe) au dessus de laquelle le khimâr vient s’ajouter pour couvrir la poitrine. Ni le mot « jilbâb » ni le mot « khimâr » ne sont mentionnés en 24:60, mais le mot plus général « siyâb » (habits), car il englobe les deux termes. Si le mot « siyâb » referait uniquement au mot « jilbâb » (robes), les femmes révéleraient une partie de leurs attributs de beauté si elles « allégeaient » ou mettaient de coté leur tenue vestimentaire. Au contraire, 24:60 insiste que cela doit se faire « sans faire montre de leurs attributs de beauté », et écarte donc cette possibilité.

La seule explication qui nous reste est liée au fait que les femmes en période de ménopause ont régulièrement d’intenses bouffées de chaleur, et sont naturellement tentées d’enlever leur foulard, et veuille également soulever légèrement leur vetement pour éviter le contact avec leur peau, car cela leur est particulièrement inconfortable.

24:60 clarifie que seules les femmes qui sont en période de ménopause et désirent rester célibataires peuvent agir de la sorte: Cela montre à quel point l’étiquette vestimentaire est une partie importante de la respectabilité des femmes (et des hommes) dans la société, et que même la gêne occasionnée par de fréquentes bouffées de chaleur (ou la simple chaleur du climat) n’est pas toujours une raison valable pour alléger la tenue vestimentaire en public.

Conclusion

Le mode vestimentaire féminin décrit dans le Coran consiste à porter une longue « jilbâb » (robe ou vêtement), par-dessus laquelle le khimâr (foulard) est rabattu sur la poitrine. Aucun attribut de beauté ne doit être révélé à l’exception de ce qui est « manifeste » ou « apparent ».

Ceci implique idéalement de porter des vêtements longs qui recouvrent les bras et les jambes. L’idée derrière le fait de recouvrir la poitrine avec le même foulard utilisé pour couvrir la chevelure ne se limite pas à cacher la poitrine, mais également sa forme.

Il n’y a aucune obligation formelle dans le Coran de porter un foulard qui recouvre la chevelure; c’est le contexte du Coran qui implique que c’est un degré supérieur de modestie puisque les cheveux sont clairement un attribut de beauté, et puisque le khimâr est clairement utilisé dans le contexte de 24:31 pour les recouvrir. Par ailleurs, 33:59 qui ordonne aux femmes musulmanes de rallonger leurs vêtements nous éclaire que le code vestimentaire féminin est conçu « pour qu’elles soient reconnues », c’est-à-dire qu’elles soient reconnues en tant que musulmanes. Imaginez une journée d’hiver particulièrement froide: toutes les femmes seraient obligées de porter des vêtements longs et si les femmes musulmanes n’avaient pas reçu de commandement divin de porter un khimar (foulard), il n’y aurait aucun moyen de faire la différence entre les femmes musulmanes et non musulmanes dans une telle situation. Cet exemple est une indication claire que le khimar est effectivement une partie intégrante du code vestimentaire coranique des femmes musulmanes.

Le fait que couvrir les cheveux ne soit pas obligatoire mais simplement sous-entendu laisse la porte ouverte aux musulmanes de ne pas porter le foulard dans des situations extrêmes, typiquement dans des sociétés hostiles à l’Islam, puisque le port du foulard est un signe clair d’appartenance à la religion musulmane dans les sociétés modernes.  Cette flexibilité est fidèle à l’esprit du Coran, l’Islam étant une religion facile à pratiquer qui proposent toujours des alternatives lorsque de sérieuses difficultés surviennent.

24:60 nous montre que les femmes célibataires en période de ménopause (et qui ont par définition de fréquentes bouffées de chaleur) et qui ne désirent pas se marier peuvent alléger leur tenue vestimentaire, notamment en enlevant le foulard, tant qu’elles ne révèlent pas leurs attributs de beauté, même si ce n’est pas préférable.  Cela suggère à quel point le mode vestimentaire en Islam est strict et partie intégrante de la notion de respectabilité.

Ce que le Coran décrit ne fait que refléter la façon dont la majorité des musulmanes pratiquantes s’habillent dans le monde.  Les femmes qui sont totalement voilées (niqab, bourka) sont habillées d’une façon qui contredit le mode vestimentaire coranique, puisque ce qui est « manifeste » ou « apparent » (la figure et les mains notamment) constitue une claire exception d’après 24:31. L’Islam n’est pas une prison, le mode vestimentaire est destiné à protéger les femmes, non à les emprisonner.

Le mode vestimentaire doit être en phase avec notre pureté intérieure, le « vêtement de piété » étant de loin le plus important.